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Peter Burg Werke

Josef Pieper

Pater Lorson macht mit dem Münsteraner Philosophen Josef Pieper (1904-1997) bekannt und empfiehlt den Lesern die Lektüre von vier deutschsprachigen Büchern.

Petite Revue (Le Nouvel Alsacien): <Titre parallèle : Der Elsässer>, Strasbourg 17.10.1951:

Chronique des Lettres allemandes

Un Philosophe chrétien: Josef Pieper

Par Pierre Lorson

Si nous parlons ici de ce penseur, ce n’est pas en particulier parce qu’il est un philosophe  et moins parce qu’il est un  chrétien, mais bien qu’il est un écrivain remarquable. La chose n’est pas si fréquente en Allemagne. La plupart des grands philosophes ont dédaignées la forme et sont pénible à lire.  Il n’y a guère qu’Arthur Schopenhauer, parmi les très grands, qui fasse européen.  Parmi des penseurs éminents  il y en a bien quelques-uns, qui écrirent  bien, Paulsen, par exemple, et Ebbinghaus, qui ont faites des délices de nos enfances studieuses. Mais ils sont rares.

Josef Pieper est de leur lignée. Nous connaissons peu d’auteurs allemands contemporains, qui écrivent dans un style aucun ferme, aussi élégant, aussi transparent, que ce philosophe. Et nous connaissons peu de philosophes, dont la pensée, sans rien devoir à la facilité, soit aussi claire, aussi cristalline que celle de Josef Pieper.

Il y a là un problème à resoudre. Cet auteur, né en 1904 à la campagne, est Westphalien. D’un Rhénan, ayant subi dans la passé et subissant encore l’influence de la civilisation latine faite de logique et de claret, la limpitide aurait moins sienna. Elle surprend chez und habitant de cette Westphalien qui a la réputation d’être un peu lourde comme son sol. Philosophe, jurist et sociologue Pieper a naturellement dû, au cours de ces études et de son enseignement, traverser plus d’une fois toute la broussaille de la philosophie, de la jurisprudence et de l’économie allemande.  Il connait ses auteurs sur le bout des doigts, on le sent à toutes les pages. Qu’il ait gardé néanmoins un style muscle et un regard clair, quand tel hégélien français est devenue illisible à force de frequenter son maître, c’est un espèce de miracle.

C’est la scholastique, celle de saint Thomas en particulier, qui est l’auteur de ce miracle. Josef Pieper, en effet, a été initié à la doctrine de l’Angélique dès son temps de college, par un maître particulièrement aimé. Il a continue à le lire et le lit toujours. Il a fait du droit et de la sociologie en scholastique et a enseigné ces matières jusqu’en 1932. Depuis cette année jusqu’en 1946, il a véçu comme écrivain libre. Actuellement il enseigne simultanémement à l’institut pédagogique d’Essen et à l’université de Munster, ou l’ont précédé tant d’autres philosophes chrétiens, en particulier Joseph Geyser, aussi épris de scholastique que lui et Peter Wust, aussi préoccupé que lui des problems religieux.

Pieper a écrit un grand nombre d’études sur son maître Thomas d’Acquin, non pas en technicien de la philosophie et pour des techniciens, mais un homme vivant voulant nourrir ses contemporains, y compris élite cultivée de sons pays, d’une substance, dont il a su découvrir la valeur durable et la modernité. Il a aussi traduit de nombreuses pages de l’Aquinate avec un Bonheur d’expression exceptionnel.

Comme son maître, il est un philosophe chrétien. Il l’est à tel point que la théologie lui est familière et qu’elle lui sert plus d’une fois de point de depart, non dans un systematisation,  mais dans ses données essentielles , puis dans la révélation.  Peut-être ce fait limite-t-il l’audience de Josef Pieper. Les philosophes purs lui reprocheront de mêles des domains miparés???  Pieper est assez indépendant pour ne pas s’en soucier et pour prendre son bien ou il le trouve.

Dans un petit volume sur l’essence de la philosophie, il développe longuement cette idée que la théologie ou plutôt in tradition religieuse de l’humanité a toujours donné à la philosophie un veritable portée et un saveur humaine. Sans une fois, la philosophie ne serait qu’un vain jeu de concepts et une construction serienne. C’est la religion qui, au gré de Pieper, lui donne encore aujourd’hui , la realité profunde, qui est l’objet de sa dialectique. Il reconnait d’ailleurs qu’il peut y avoir aussi une foi en dehors du christianisme et que ce fait sauve bien des philosophes de la stérilité.

Son choix à lui est fait, il philosophe en chrétien, utilisant, sans mêler les disciplines, les certitudes que lui donnent en foi, il exprime heureusement ce point de vue à la fin de son livre, sur l’essence de la philosophie: “So wird die volle Gestalt christlicher Philosophie derjenige in seinem Philosophieren verwirklichen, der das Christliche nicht nur ‚lernt‘ und ‚weiß‘, dem es nicht nur ‚Lehre‘ ist, mit welcher er dann, in rein begrifflicher Verknüpfung, seine Konklusionen in theoretischer Vereinbarkeit und Übereinstimmung hält – sondern der das Christliche in sich selber Wirklichkeit werden lässt und also auf Grund von realer Wesensverwandtschaft, nicht bloß wissend und lernend, sondern ‚erleidend‘, Wirklichkeit erfahrend, die christliche Wahrheit zu eigen gewinnt und von ihr her dann auch über die natürlichen Gründe der Weltwirklichkeit und über den Sinn des Lebens philosophiert.“ (1) <Anm. 1:>  Josef Pieper: Über das Schweigen Goethes. Koesel-Verlag-München.

Les ouvrages personnels de Pieper s’inspirent tous de cette doctrine. Autant que nous les connaissons, ils sont consacrés à des problemes vitaux. Non pas qu’il soit pragmatiste ou même utilitariste. Rien n’est plus éloignés de sa pensée. Au contraire, il se fait inlassablement le champion de la contemplation pure, de la pensée pure, et même de la poésie pure. Il fait des rapprochements curieux entre la philosophie et la poésie, proches parentes. Mais tous cela est pour lui vital, essential à l’homme, plus que l’industrie et le commerce. Son petit livre sur “le silence de Gothe” est caracteristique à cet égard. Il y souligne, dans la vie, pourtant si dévorée d’occupation, du grand Weimarien, un gout persistant et grandissant pour la solitude et la pure infériorité. Il degage ce penchant chez le poète et cite de nombreux extraits. Ils les a tirées des cinquante volumes de la correspondances de Goethe, dépouillés méthodiquement à ce point de vue. Lui-même, grâce à Hitler, à eu de longs mois de recueillement et de concentration, pour faire cette lecture et cette anthologie du silence goethéen. Citons-en au moins quelques lignes: “Das Beste ist die tiefe Stille, in der ich gegen die Welt lebe und wachse und gewinne, war sie mir mit Feuer und Schwert nicht nehmen können.“ (2) <Anm. 2:> Josef Pieper: Was heißt Philosophieren? Koesel-Verlag-München.

Un autre volume va dans le même sens. L’auteur y fait l’apologie du loisir et le le rapproche du culte. Son idée, peu actuelle à prémière vue, est, que le travail, que l’on veut diviniser aujourd’hui, doit être dominé et réduit. La civilisation présente, toute centrée sur la production, le rendement, l‘utilité immediate dans tous les domains, arrache l’homme à ces raciness, tarit ses meilleures sources et le réduit en esclavage. Pieper trace de sombres tableaux du monde totalitaire du travail, qui nous menace. L’homme, d’après lui, à besoin de fêtes, de loisirs, d’évasions, pour penser et pour se trouver lui-même. Rejoignant Guardini, Pieper essaie de montrer que le culte pourrait être le rentre de cette acitivité gratuite, de ces fêtes (Feiertag) et qu’il n’y a de vrais loisirs que ceux qui arrachent au temps pour plonger dans l’éternel. Subtil, un peu paradoxal, ce livre paraÎt utile. Il s’agit toujours de faire sa place à la vie contemplative à côté de la vie active. Mais ne faut-il pas travailler beaucoup aujourd’hui  pour que nos arrière-neveux aient des loisirs? C’est là le sens d’une certaine philosophie du travail. Pieper semble l’oublier. (3) <Anm. 3: > Josef Pieper: Muße und Kult. Kösel-Verlag-München.

De ce même esprit chrétien s’inspire le dernier livre de Pieper, un des plus remarquables qu’il ait écrit. Il concerne la fin du monde, l’eschatologie, qui est devenue une mode comme l’existentialisme. Parlant des traditions religieuses occidentales, Pieper n’a pas de peine à montrer que l’optimisme beat y est relativement recent et peu vigoureux. Les croyances les plus profondes envisagent une fin du monde catastrophique sur le plan proprement humain et historique. C’est l’Antichrist qui sera l’agent principal de cet échec. L’auteur, avec une parfaite sérénité, souligne aussi que certains mouvements politiques actuels pourraient fort bien préparer le règne universel de l’Antichrist, comme l’empire romain a preparer sans le savoir celle du Christ. Pieper est trop sage pour donner ici des dates et des chiffres. Mais il ne croit pas pouvoir non plus écarter cette hypothèse au nom d’une théorie philisophique du progrès indefini.

Dans ce domaine encore, il se met à l’école de saint Thomas, qui a considéré comme certaine la catastrophe finale; qui l’a fait avec le plus grand calme, tout en travaillant de son mieux au progrès de la civilization. C’est ainsi que fait Josef Pieper et qu’il conseille de faire. Il montre, du rest, que les mêmes traditions religieuses occidentales affirment que sur le plan total de l’univers, sur le plan de Dieu, l’histoire des hommes se terminera quand même par une victoire, par les cieux nouveaux et la terre nouvelle. C’est là l’objet de l’espérance  chrétienne, qui est une virtu théologale et donc infuse.

Ce livre, encore une fois, relève d’une philosophie chrétienne. La matière en est fournée pour une bonne part par la foi, dans ce qu’elle a de substantial et de général. Mais la philosophie la plus déliée sert à préciser les notions et à montrer la cohesion de cette foi en face des systemes optimists, qui ne tiennent ni devant les faits, ni devant les pressentiments de l’âme humaine, ni devant la Révélation.

Nous conseillons vivement ces livres à nos lecteurs. Ils auront, en les  parcourant, cette grande joie, l’une des plus délicates qui soit, de voir des pensées profondes et l’impides, exprimées dans une langue exceptionellement pure et belle. Ce n’est pas tous les jours qu’ on a pareille subaine.

(4) <Ziffer steht nicht im Text.> Josef Pieper:  Über das Ende der Zeit. Koesel-Verlag-München.